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Henri Belolo et Jacques Morali

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Henri Belolo ci-dessus Henri Belolo ci-dessus

Les "French Wonderboys" de la disco.

Leur association est synonyme de plusieurs dizaines de millions de disques vendus dans le monde. Synonyme aussi d'ambiance de folie dans des milliers de discothèques. Henri Belolo s'est fait les dents en dirigeant Barclay au Maroc. Jacques Morali, lui, fut le secrétaire de Hervé Vilard. Chacun sa croix. Le premier est rigoureux et doué en affaires, son partenaire est un fantaisiste inspiré. Ouf, une alliance parfaite !

Belolo et Morali ont marqué la disco par leur travail de production avec Ritchie Family, Patrick Juvet ou Village People, dont je parle plus loin. Mais ils ont également travaillé avec de nombreux autres artistes.
Ils démarrent les années 80 en se faisant les initiateurs de la vague « disco méditerranéenne », avec des artistes comme Sandy Marton (People From Ibiza) ou Silver Pozzoli (Around My Dream). En 1983, ils ressuscitent Eartha Kitt.

Eartha KittQui est-elle ? Orson Welles avait déclaré qu'elle était "la plus belle femme du monde". Chanteuse, danseuse, actrice, sa carrière se partage entre l'Europe et les États-Unis, où elle est née. Ses allées et venues entre les cabarets européens et les studios hollywoodiens ne lui permettent pas de construire une image stable.

À la fin des années 70, après un petit succès à Broadway dans » Kismet, Timbuktu », c'est pour elle le creux de la vague. Mais nos duettistes la prennent en main, lui écrivent une poignée de chansons sur mesure, et ça marche ! Where Is My Man ? est un énorme tube dans toute l'Europe, et lui permet de retrouver une place dans les charts américains.

Le félin qui démarre le morceau justifie à lui seul le surnom de « catwoman » que lui valait son physique, et même les plus jeunes dansent sur le disque de celle qui pourrait être leur mamie. I Love Men, le titre suivant, se classe lui aussi fort honorablement dans toute l'Europe, grâce à un « gay following » indéfectible.

jacques moraliEn 1984, de passage à New York, Morali et Belolo font leur shopping et ramènent dans leurs bagages un trio de jeunes Noirs. Croisés sur les trottoirs du Bronx, ces trois-là sont des champions de cette nouvelle danse étonnante et acrobatique : la break-dance. Baptisé Break Machine, le groupe enregistre Street Dance.

Dans une France où les minorités immigrées bâtissent empiriquement une identité propre, la break-dance et le mouvement hip-hop font mouche.

Les Break Machine, lors d'une tournée française sponsorisée par Orangina qui les conduit jusque dans les plus petites villes, rencontrent les balbutiements de la génération « black-blancs-beurs ». Malheureusement, déjà malade depuis plusieurs années, Jacques Morali disparaît tôt, en décembre 1991. Henri Belolo, seul désormais, entretient la flamme et nous fait toujours danser.

Son label Scorpio Music est le plus important en France pour la « dance-music ». Il a même signé pour la France la distribution de la chanson The Most Beautiful Girl In The World de Prince, devenu « Love Symbol ». Il a négocié avec réussite le virage de la techno. Toute musique rythmée l'intéresse, il en a fait sa profession de foi : « L'homme préhistorique a rencontré le tempo en écoutant les gouttes tomber sur les feuilles de la forêt primitive.

Pour le foetus, le premier tempo est celui du coeur de sa mère. Le tempo fait partie de nos gènes. »

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